Madame la Présidente
Monsieur le Délégué à l'intégration
Mesdames, Messieurs membres de la commission cantonale pour l'intégration
Chers Amis
Au nom du FIMM-Fribourg, je vous remercie de nous avoir invités à cette réunion. Nous percevons ce geste comme témoignage de l'intérêt et de la sympathie que vous réservez à notre égard. J'espère qu'à la fin de cette réunion nous aurions gagné votre confiance et votre engagement actif pour et avec le FIMM-Fribourg.
Je me permets de vous présenter quelques membres du comité directeur ici présents.
D'abord M. Prospère Hoang. Il est vietnamien, français, suisse et fribourgeois. Philosophe et informaticien, Prospère est aussi membre actif du PDC fribourgeois et du conseil de la paroisse de Schoenberg.
Ensuite M. Abilio Rodrigues, vice-président. Il est portugais, gruyérien et cadre d'entreprise
Ensuite, André Loembe, vice-président. André est Centre-Africain, Suisse et Singinois puisqu'il habite Duedingen depuis 13 ans. Docteur en télécommunication, ingénieur-diplômé à l'EPF Lausanne, il travaille pour Swisscom.
Moi-même, je m'appelle Nguyen Quan-Vinh. Je vous propose d'oublier mon prénom parce qu'il est difficile à retenir. Par contre, mon nom de famille NGUYEN, vous êtes obligés de le retenir surtout si vous avez mangé une fois des rouleaux de printemps et parce que ce nom est devenu un nom récurrent de la bourgeoisie de la ville de Fribourg, bien sûr à l'insu des Zaehringen. Je suis donc vietnamien de naissance, singinois de cÅ“ur parce que j'ai habité et fait quelques années d'école secondaire à Plaffeien. Mais je suis devenu bourgeois de la ville de Berne, avec le consentement de l'UDC bernoise à l'époque anté-blochérienne. Et c'est en tant que migrant bernois que je suis devenu président du FIMM-Fribourg. Je travaille actuellement comme médecin à l'Hôpital Cantonal.
Mesdames, messieurs
Vous aurez saisi le message que nous souhaitons vous transmettre: la diversité, le caractère cosmopolite à ancrage local de notre organisation.
A titre de rappel, le FIMM-Fribourg est une organisation très jeune par rapport aux institutions que vous représentez. Il a été officiellement fondé 21.10.06, après plusieurs mois de préparation et de négociations tenaces entre différents représentants d'association de migrants. C'est une organisation faîtière constituée actuellement de 24 associations en provenance de tous les continents. Nous avons l'ambition de baser nos actions sur les principes des Droits de l'Homme. Et le fil rouge de nos actions multiples, c'est la création d'un terrain favorable à une intégration globale et harmonieuse des migrants dans le corps fribourgeois.
Concrètement, nous visons :
1) l'intégration sociale et professionnelle des migrants du canton de Fribourg
2) l'égalité des chances entre migrants et suisses, dans tous les domaines de la vie publique
3) la représentation d'intérêts communs des migrants vis-à-vis des autorités, des partis politiques, de l'économie et des organisations de la société civile, ceci au niveau communal, cantonal et fédéral
Pour mener à bien nos missions, nous disposons d'une structure qui tient compte de la diversité de ses membres, qui respecte les principes démocratiques et dispose d'un méchanisme de contrôles nécessaires pour éviter tout abus ou dérapage en son sein. Nous disposons
1) d'une présidence qui est constituée de trois personnes
2) d'un secrétaire général
3) d'un comité directeur qui est constitué de 15 personnes
4) de 5 groupes de travail
5) d'un organe de gestion
6) d'un organe de contrôle
7) et d'une commission de conciliation.
Depuis la création du FIMM-Fribourg, le comité directeur s'est réuni à rythme mensuel. Nous avons élaboré une série d'idées de projets dont je vous présente quelques unes ici :
Sur le plan de l'enseignement de langues nationales et de l'éducation:
Nous avons 2 projets. Le premier est intitulé :
Apprendre les langues officielles avec l'appui des spécialistes de sa langue maternelle
Nous avons de la chance de disposer d'informations importantes fournies par l'Etude
« Une langue pour l'intégration » réalisée par la Croix-Rouge Fribourgeoise et publiée en
2006. Cette étude a permis de mettre à jour les points perfectibles suivants des programmes
traditionnels de cours de langues offerts par des acteurs établis :
a) ces programmes ont accès à un nombre très limité (<10%) de migrants.
b) Ces programmes ne tiennent pas toujours compte de contraintes multiples des
migrants (que ce soit l'éloignement ou les horaires…)
c) Ces programmes ne sont pas toujours adaptés aux niveaux de formation de base des apprenants. Les classes sont hétérogènes avec des personnes de différentes langues maternelles, ce qui ne favorise pas un apprentissage réciproque. Une méconnaissance totale de la langue à apprendre par les apprenants pourrait rendre l'apprentissage peu efficace. Un contact linguistique direct infructueux avec un enseignant autochtone pourrait être vécu comme un échec par l'apprenant et prétériter sa motivation ultérieure pour l'apprentissage.
d) Ces programmes ne sont pas axés sur le long terme.
Des solutions à ces problèmes pourraient être apportés:
Ad problème a) par des membres établis des communautés migrantes qui peuvent apporter leur contribution en mobilisant leurs compatriotes.
Ad problème b) Les horaires peuvent être flexibilisés. Les cours du soir, du week-end sont envisageables.
Ad problème c) un pré-apprentissage d'un vocabulaire de base et d'une grammaire sommaire
Dans des classes homogènes avec des apprenants aux problèmes quotidiens semblables pourrait rendre un apprentissage ultérieur plus agréable et amusant et par ce biais améliorer le rendement des cours offerts par les acteurs traditionnels.
Ad problème d) Les cours de répétitions pourraient être organisés régulièrement.
Il est certainement envisageable d'organiser des classes mixtes avec présence simultanée de deux enseignants, l'un bilingue (langue officielle + langue des apprenants) et l'autre de langue autochtone.
Nous proposons de commencer un projet pilote avec une communauté migrante à choisir, et ce en collaboration avec des structures déjà sur place.
Le deuxième projet dans le domaine de l'éducation consiste à organiser des
2) Cours de rattrapage pour écoliers avec difficultés scolaires
A nos connaissances, ces cours n'existent pas de manière systématique dans le canton.
Au même titre que les cours de langues pour adultes migrants, les cours du week-end, quand les enfants ont le temps nécessaire pour rattraper leurs retards, font défaut.
Les communautés migrantes pourront fournir un effort, en mobilisant des membres qui disposent de compétences en matière d'éducation.
Actuellement, la communauté viêtnamienne travaille dans ce sens avec le concours de Prospère Hoang qui dispense des cours en mathématiques et français à 2 écoliers le dimanche au centre paroissial de Schoenberg.
Le nombre d'écoliers susceptibles de bénéficier de ces cours est certainement plus important.
On se heurte de nouveau aux problèmes de mobilisation des personnes concernées. Une organisation officielle dans un cadre mieux structuré, mieux défini et soutenu par l'Etat pourrait faciliter cette mobilisation.
A long terme, d'autres disciplines scolaires pourront être ajoutées au programme et les cours pourront être élargis à toux ceux qui, même sans problèmes scolaires, souhaitent améliorer leur performances scolaires. Il faut que les enfants migrants acquièrent un niveau moyen de compétitivité similaire à celui de leur camarades suisses.
Nous proposons: 2 classes pilote avec 5 enfants chacune ; 2 heures/semaines ; 30 semaines/année, assurées par deux enseignants.
D'autres avantages que l'on pourrait tirer de ces deux projets, c'est la possibilité de mobiliser les ressources existantes au sein des communautés, de sensibiliser les gens aux nécessités d'un apprentissage à vie, de renforcer le rôle des représentants d'association et finalement d'améliorer la perception des communautés migrantes entre elles et par les populations locales.
Sur le plan d'information et de communication :
Nous envisageons deux projets
Le Projet 1 vise la création d'un bureau d'accueil de nouveaux migrants
Par estimation, quelque 500 personnes arrivent chaque mois dans le canton de
Fribourg. Leurs premiers contacts avec la population locale pourraient être déterminants pour une insertion harmonieuse dans le tissu social fribourgeois.
D'une part, l'accueil signaliserait aux nouveaux-arrivés qu'ils sont les bienvenus. D'autre part, des informations compréhensives sur la vie fribourgeoise leur donneront des repères nécessaires pour éviter des frictions inutiles avec la population locale.
Une collaboration avec la police des étrangers et d'autres associations d'utilité publique devra être envisagée, spécialement avec l'OSEO. Cette dernière envisage actuellement le projet « Centre de compétences en matière de l'intégration », dans lequel le FIMM-Fribourg est impliqué. Le bureau d'accueil sera à intégrer dans les locaux futurs du FIMM-Fribourg.
Le Projet 2 consiste à organiser un cycle de discussions sur le droit de vote au niveau cantonal
En fait, plusieurs associations ont relancé cette idée qui sera agendé dans notre programme 2007.
Sur le plan de la santé :
Vous savez que
La stratégie « migration et santé » de la confédération est composé de 5 axes parmi lesquels
figurent
a) information, prévention et promotion de la santé au sein des populations migrantes ;
b) recherche et monitoring dans le domaine de l'immigration
Le FIMM-Fribourg dispose de compétences pour contribuer à ces deux axes.
Dans un projet, nous avons l'ambition de concevoir une :
« Etude de prévalence des risques cardiovasculaires chez la population migrante adulte du
canton de Fribourg ».
Cette étude permettra de mesurer la fréquence des risques cardiovasculaires chez les migrants
adultes à partir de 18 ans. Le tabagisme, l'obésité, le diabète, l'hypertension artérielle,
l'inactivité physique, l'insuffisance rénale sont des paramètres facilement mesurables.
L'identification des personnes avec ces facteurs de risque permettraient d'introduire des
mesures de prévention et de thérapie ciblées.
Le canton de Fribourg compte quelques 40000 migrants, dont une bonne proportion d'adultes.
L'accès aux bases de données permettra de faire un échantillonnage de quelques centaines de
personnes qui seront contactées. Avec leur consentement, un questionnaire standardisé
sera rempli, un examen clinique et un nombre limité de paramètres laboratoire sanguins et
urinaires sera pratiqué. C'est un projet d'envergure qui nécessitera le concours de
différents acteurs (le département de la justice et de la police, le département de la santé
publique, les universités, l'Hôpital cantonal de Fribourg, les partenaires locaux par ex. Caritas avec son programme « interprétariat »). Le FIMM-Fribourg qui dispose d'expériences dans ce domaine de recherche médicale, initiera et pilotera volontiers ce projet. Le soutien financier pourra être obtenu également auprès de l'OFSP, de l'organe « Promotion Santé Suisse » entre autres.
Dans un deuxième projet, nous planifions d'organiser un cycle de conférence sur des
problèmes de santé liés à la migration avec le concours de différents spécialistes en la matière.
Pour l'année 2007, nous prévoyons 2 conférences, dont les thèmes seront spécifiés.
Pour que le FIMM-Fribourg devienne un partenaire fiable, compétent et indépendant, il faut
que ces membres acquièrent progressivement de savoir-faire utiles.
Parmi les projets d'acquisition de nouvelles compétences pour les membres du FIMM
Fribourg figurent les Cours d'Allemand pour francophones et cours de Français pour
germanophones.
Certes, Le bilinguisme est un point fort du canton de Fribourg. Il constitue néanmoins une
barrière aux migrants qui ne parlent le plus souvent qu'une seule langue officielle.
La langue de travail actuelle du FIMM-Fribourg est le français, ce qui le prive d'accès
à la moitié germanophone du canton, un handicap majeur. D'autre part,
pour les migrants germanophones, une maîtrise simultanée du français, élargira leur
champs d'action. La connaissance simultanée de ces deux langues favorisera
également une meilleure compréhension mutuelle entre les communautés
migrantes.
Comme notre société est devenue une société de communication, une maîtrise d'outils
bureautiques et d'internet sont indispensables à l'efficacité de nos activités.
Nous envisageons deux programme. Le Programme 1 consiste à donner des bases d'informatique et bureautique (par ex. Word, Email, consultation des pages web..) à une majorité de nos membres. Le Programme 2 vise une formation sur la création, le maintien d'un site web. Ce savoir-faire est nécessaire d'abord pour un entretien autonome et peu coûteux du site web du FIMM-Fribourg. Par la suite, les connaissances acquises pourront
être mises au service de toutes les associations migrantes du canton, par ex. pour la
création de sites web. Acquisition de ce savoir-faire constitue un pas vers une
autonomie future du FIMM-Fribourg.
En fin, nous souhaitons faire bénéficier le FIMM_Fribourg d'une Formation en éthique des droits humains. Cette formation est justifiée par les clauses fondatrices de notre association. Elle nous permettra de renforcer notre conviction dans nos activités. Elle nous donnera une base théorique nécessaire pour participer pleinement aux débats politiques. Nous avons identifié un programme correspondant à nos besoins: c'est une formation à distance organisée par l'Université de Nante intitulée : « Diplôme d'université en Ethique des Droits Humains ». Deux inscriptions sont envisagées pour 2007, si nous trouvons des fonds.
Voilà quelques idées parmi tant d'autres que nous voulons partager avec vous. Vos critiques, réserves et propositions sont les bienvenues. Il est vrai que certaines de nos idées n'ont rien de nouveau, d'extraordinaire. Ce qui est innovateur, c'est un approche différent, structuré, avec des buts clairs, adopté par des gens qui ont vécu les mêmes problèmes et qui vivent des expériences interculturelles au quotidien.
Madame la présidente, Monsieur le Délégué,
Mesdames, Messieurs, chers amis,
Pour que 24 associations de différents horizons avec des visions et intérêts formidablement divers, voire divergents, puissent s'asseoir à la même table pour réfléchir sur des actions communes, une volonté forte, une sincère ouverture d'esprit et une profonde espérance d'un meilleur avenir pour tous doivent exister. Ces sentiments positifs méritent d'être reconnus et soutenus.
Nous, membres du FIMM-Fribourg, avons fait les premiers pas. C'est à vous maintenant de
nous soutenir activement dans nos prochains efforts.
Le FIMM-Fribourg mérite votre confiance.
Après tout, vous nous connaissez. Et nous tous sommes des voisins dans ce grand village global en version miniaturisée.
D'ailleurs le FIMM-Fribourg, c'est aussi vous.
Je vous remercie de votre écoute.